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in "Le livre secret des fourmis", Avenir. On ne sait pas comment sera l'homme du futur, mais l'on peut déjà avancer son portrait probable. - Il aura la mâchoire plus courte et moins de dents. Nos troisièmes molaires, nos fameuses dents de sagesse, ont en effet tendance à disparaître. Normal: les molaires servent à broyer la viande, or nous ne mangeons plus que des aliments mous qui n'ont plus besoin d'être broyés. L'homme du futur n'aura que 28 dents au lieu de 32. - Il sera plus grand. Tout simplement parce que les bébés sont maintenant mieux nourris, donc mieux "construits" qu'à I'origine. Les médicaments les protègent des maladies qui pourraient troubler leur croissance. On sait par exemple qu'en 1800, la moyenne des appelés français était de 1,63m, elle était en 1958 de 1,68m alors qu'elle est en 1993 de 1,75m. C'est même une croissance exponentielle. - Il sera plus myope. En ville, il n'y a pas besoin de voir loin. - Il sera probablement métis. Tout simplement à cause de la facilité des moyens de transport qui permettent à tous les peuples de se rencontrer. - Il vivra plus vieux. Toujours grâce à l'hygiène, aux progrès de la médecine et à une meilleure nutrition. - Le volume cérébral sera probablement supérieur, la capacité de la boîte crânienne de l'Homo sapiens ayant déjà triplé depuis les premiers hommes d'il y a trois millions d'années. Mais plus que le volume, ce sera probablement la complexité des connexions qui se développera. - On restera enfant plus tard. En effet, les os durcissent de plus en plus tard. Il y a 30 000 ans, tous les os étaient durs à près de 18 ans. De nos jours, l'ossification de la clavicule qui clôt la croissance se produit a 25 ans. Tout se passe comme si les gens restaient physiologiquement des enfants de plus en plus longtemps. Ce qui expliquerait que même mentalement, on veuille rester enfant de plus en plus longtemps. - Les femmes par contre connaîtront plus tôt leurs premières règles, I'âge de la ménopause se déclenchera plus tard. Donc la période de fécondité humaine s'allongera. On sera peut-être plus lubrique pour rendre cette longue période moins monotone... - Le corps masculin va se féminiser. A l'inverse des tribus de chasseurs des forêts qui gardent une grande différence entre le faciès masculin et le faciès féminin, on constate déjà une grande similitude des crânes féminin et masculin. L'avenir est aux hermaphrodites et aux femmes-enfants. Ces deux références esthétiques sont d'ailleurs les canons de la beauté moderne les plus mis en valeur dans la mode, le cinéma et la chanson. Cartes . Tout peut se diviser en quatre. Les quatre couleurs du jeu courant de 52 cartes Quatre couleurs. Quatre saisons. Quatre émotions. Quatre influences de planètes. 1- Le printemps. Le cur. L'affectif. Vénus. 2- L'été. Le carreau. Les voyages. Mercure. 3- L'automne. Le trèfle. Le travail. Jupiter. 4- L'hiver. Le pique. La mort. Mars. Cités . Comment s'est construite la vie sociale ? Pour le comprendre, il faut remonter aux premiers débarquants. Parmi eux: les insectes. Ils semblaient mal adaptés à leur monde. Petits, fragiles, ils étaient les victimes idéales de tous les prédateurs. Pour arriver à se maintenir en vie, certains, tels les criquets, empruntèrent la voie de la reproduction. Ils pondaient tellement de petits qu'il devait forcément rester des survivants. D'autres, comme les guêpes ou les abeilles, "choisirent" le venin, se dotant au fil des générations de dards empoisonnés qui les rendirent redoutables. D'autres, comme les blattes, choisirent de devenir incomestibles. Une glande spéciale donna un si mauvais goût à leur chair que nul ne voulut la déguster. D'autres comme les mantes religieuses ou les papillons de nuit choisirent le camouflage Semblables aux herbes ou aux écorces, ils passèrent inaperçus dans la nature inhospitalière. Cependant, dans cette jungle des premiers jours, bien des insectes n'avaient pas trouvé de "truc" pour survivre et paraissaient condamnés à disparaître.Parmi ces "défavorisés", il y eut tout d'abord les termites. Apparue il y a près de 150 millions d'années sur la croûte terrestre, cette espèce brouteuse de bois n'avait aucune chance de pérennité. Trop de prédateurs, pas assez d'atouts naturels pour résister... Qu'allait-il advenir des termites? Beaucoup périrent. Les survivants étaient à ce point acculés qu'ils parvinrent à inventer à temps une solution originale "Ne plus combattre seul, créer des groupes de solidarité. Il sera plus difficile à nos prédateurs de s'attaquer à vingt termites solidaires et faisant front qu'à un seul s'efforçant de fuir." Un ne peut rien. Deux peut plus. Trois peut tout. Le termite venait d'inventer le concept de l'union fait la force". Par la même occasion, il ouvrait l'une des voies royales de la complexité: la Société. Ces insectes se mirent à vivre en petites cellules, d'abord familiales: toutes groupées autour de la Mère pondeuse. Puis les familles devinrent des villages, les villages prirent de l'ampleur et se métamorphosèrent en villes. Leurs cités de sable et de ciment se dressèrent bientôt sur toute la surface du globe. Les termites furent les premiers maîtres intelligents de notre planète. Ils avaient inventé la vie commune dans la Cité. Comment . Devant un obstacle, un être humain a pour premier réflexe de se demander: "Pourquoi y a-t-il ce problème et de qui est-ce la faute ?" Dans la même situation, la fourmi a pour premier réflexe de se demander: "Comment et avec l'aide de qui vais-je pouvoir le résoudre ?" Il y aura toujours une grande différence entre ceux qui se demandent pourquoi et ceux qui se demandent comment. Emplacements citadins. Dans les grandes villes, les emplacements des quartiers riches et des quartiers pauvres sont liés à des facteurs très précis. A Paris par exemple, les quartiers riches ont été installés à l'ouest et les quartiers pauvres à l'est car le vent souffle de la mer vers la terre. Donc d'ouest en est. Ainsi les mauvaises odeurs et les pollutions des quartiers riches venaient (et viennent encore) empester l'atmosphère des quartiers pauvres.Par contre, dans les villes américaines comme New York ou Los Angeles, les quartiers riches sont actuellement en périphérie et les quartiers pauvres au centre. Tout simplement parce que le pays étant immense, on construit au fur et à mesure le neuf à l'extérieur. Résultat: les quartiers du centre sont vétustes. Lors des émeutes urbaines, la police a pu vérifier un autre avantage dans cette disposition: au centre, les pauvres sont encerclables. En périphérie, les riches peuvent s'enfuir. Ere du cortex . Le langage montre le mouvement de l'évolution de notre cerveau. Au départ, il n'existait que peu de mots mais les intonations permettaient d'en préciser le sens. C'était le cerveau des émotions, le système limbique qui permettait de se faire comprendre. De nos jours, le vocabulaire est vaste, si bien que l'on n'a plus besoin d'intonations pour préciser une nuance exacte. Le vocabulaire est fabriqué par notre cortex. Nous utilisons le langage des raisonnements, des systèmes de logique, des mécanismes automatiques de pensée. Le langage n'est qu'un symptôme. Notre évolution va du cerveau reptilien vers le système limbique et du système limbique vers le cortex. Nous sommes en train de vivre le règne de l'intelligence cortexienne. Le corps est oublié, tout devient raisonné. C'est pourquoi on voit tant de maladies psychosomatiques (la raison ou la déraison agit sur la chair). Plus nous avancerons, davantage les gens consulteront le psychanalyste et le psychiatre. Ce sont eux les médecins du cortex. Donc les médecins du futur. Gestalt. Une expérience scientifique répétée dans plusieurs pays démontre que les souris avaient en 1901 une note de 6 sur 20 par rapport à une batterie de tests d'intelligence donnée. La même expérience reprise en 1965 avec exactement les mêmes tests effectués dans les mêmes pays montra que les souris avaient maintenant une moyenne de 8 sur 20. Cette moyenne n'était pas restreinte géographiquement. Les souris européennes n'étaient pas plus ou moins intelligentes que les souris américaines, africaines, australiennes ou asiatiques. Toutes les souris de 1965 de tous les continents avaient obtenu globalement une meilleure note au test que celles de 1901. Tout s'était passé comme si les souris terriennes avaient progressé simultanément et partout. Cette expérience laisse penser qu'il existe une sorte d'intelligence planétaire "souris" qui s'est améliorée avec le temps. Chez les humains, on a constaté de même que certaines inventions ont été découvertes simultanément en Chine, au Indes, en Europe: le feu, la poudre, 1 tissage. Encore de nos jours, des découverte sont effectuées dans plusieurs points du globe durant des périodes restreintes. A croire que certaines idées flottent dans l'air au-dessus de l'atmosphère et que ceux qui ont la capacité de les y pêcher uniformisent l'intelligence planétaire de l'espèce. Grillon du métro. L'histoire des grillons du métro parisien commence en 1900. Nul ne sait comment ils sont montés à Paris. Sans doute ont-ils voyagé clandestinement dans des cageots de légumes ou d'épices. Débarqués dans la capitale, voici nos insectes aussi perdus que des provinciaux. La plupart meurent de froid. Les survivants squattent les endroits les plus chauds: fournils de boulangers et cuisinières de grands-mères. Enfin un petit groupe découvre la terre promise: le métro parisien. Au ras du sol, entre les rails, règne du fait des frottements des roues un climat quasi tropical. Le ballast, formé de roche éruptive, stocke les calories libérées par les rames. La température entre les rails est de 27 degrés entre 4 et 5 heures du matin, et de 34 degrés entre 18 et 23h. Les grillons se nourrissent de miettes, des détritus ,de papiers gras, brins de laine, et même des mégots qui traînent sur les ballasts. Entre deux rames les mâles stridulent pour , attirer les femelles. Lorsque celles-ci approchent, les mâles se réunissent entre les rails pour se défier au chant. Ceux qui stridulent le plus fort font fuir les autres. Les grillons en viendront aux pattes si les mauvais chanteurs refusent de décamper. Puis les mâles et les femelles grillons restent là à attendre le métro. Quand la rame arrivera, ils se placeront sous le rhéostat des voitures, là où l'air est le plus brûlant, pour se livrer à leurs ébats romantiques. C'est à la station Saint-Augustin qu'ils sont actuellement les plus nombreux et les plus faciles à observer. Ils ne craignent que deux choses: les araignées cracheuses de glu (scytodes) et les grèves qui font refroidir les rails... Habitudes . II est difficile de changer sa manière de percevoir le monde. Une expérience a été menée sur des chatons. Dès leur naissance, on les a plongés dans l'obscurité. Puis à la quatrième semaine de leur vie, on les a installés dans un cylindre fixe transparent autour duquel tourne un second cylindre rayé de bandes verticales noires et blanches. Une heure par jour, le petit animal voit les bandes défiler de gauche à droite, puis il est replacé dans le noir. A l'âge de 4 mois, alors que les chatons n'ont toujours vécu que dans le noir et dans un monde où des bandes blanches et noires défilent de gauche à droite, on inverse le sens de la rotation. Les chatons s'avèrent alors incapables de percevoir le moindre mouvement. Leurs cellules nerveuses programmées pour voir la rotation de gauche à droite avaient pris dans leur cerveau une telle importance que celles capable de percevoir les mouvements de droite à gauche s'étaient atrophiées. De même, on s'est aperçu que les Amérindiens Cree du Canada, habitués à vivre parmi des tentes de forme conique, percevaient particulièrement bien les lignes obliques. Par contre, les citadins de Chicago, habitués à vivre entourés de gratte-ciel, ne percevaient pas les informations issues de lignes obliques. Seules les formes verticales et horizontales étaient chez-eux mémorisées. Hippodamos En 494 avant JC, I'armée de Darius, roi des Perses, détruit et rase la ville de Millet, située entre Halicarnasse et Ephèse. On demande alors à l'architecte Hippodamos de reconstruire d'un coup toute la ville. Repenser dans sa globalité une ville de taille moyenne, c'était donner une page blanche pour inventer LA ville idéale. Hippodamos saisit l'aubaine. Il invente la première ville pensée "géométriquement". Sa ville idéale. Il ne veut pas seulement bâtir des rues et des maisons, il croit qu'en repensant la forme de la ville, on peut aussi repenser la forme de sa vie sociale. Il imagine une cité idéale composée de 10 000 habitants répartis en trois classes: artisans, agriculteurs, soldats. Hippodamos souhaite une ville artificielle n'ayant plus aucune référence avec la nature. Au centre de la ville, une acropole d'où partent douze rayons qui découpent la ville en douze portions à la façon d'un gâteau. Les rues de la nouvelle Millet sont droites, les places rondes et toutes les maisons sont strictement identiques. Tous les habitants sont citoyens à part égale. Il n'y a pas d'individu, que des citoyens. Pas de divertissements. Les divertissements sont produits par des artistes et les artistes sont des gens imprévisibles. Les poètes, les acteurs et les musiciens sont bannis de Millet. La ville est également interdite aux pauvres, aux célibataires et aux inactifs. L'idée d'Hippodamos, c'est de faire de la cité un système parfait. Habracadabrah La formule magique "Habracadabrah" signifie en hébreu: "Que cela se passe comme c'est dit" (que les choses dites deviennent vivantes). Au Moyen Age, on utilisait volontiers cette incantation pour soigner les fièvres. L'expression a ensuite été reprise par des prestidigitateurs exprimant par cette formule que le spectateur allait assister maintenant au clou du spectacle (le moment où les mots deviennent vivants ?). La phrase n'est cependant pas aussi anodine qu'il paraît à première vue. Il faut reconstituer la formule que produisent ces neuf lettres (en hébreu, on n'utilise pas les voyelles). HA BE RA HA CA AD BE RE HA donne donc: HBR HCD BRH. Sur neuf couches et de la manière suivante, afin de descendre jusqu'au H originel (Aleph) qui se prononce "Ha" HBR HCD BRH Cette disposition est conçue de façon à capter le plus largement possible les énergies du ciel et à les faire redescendre jusqu'aux hommes. Il faut imaginer ce talisman comme un entonnoir autour duquel la danse spiralée des lettres constituant la formule HABRACADABRAH déferle en un tourbillonnant vortex. Il happe et concentre en son extrémité les forces de l'espace-temps supérieur. Mais outre cette signification donnée depuis la nuit des temps par les rabbins, on peut fournir à cette formule un autre sens, la naissance de notre univers.
En prononçant la formule HA BRACADABRAH, on ne fait pas qu'annoncer un tour de magie. On raconte le plus beau, le plus grand, le plus extraordinaire de tous les tours de magie: la naissance de notre univers espace-temps-local. Identité Pour se rendre sympathique à un autre humain à l'occasion d'une conversation professionnelle ou affective, il suffit de mimer ses tics. Ils apparaissent très nettement au moment des r e p a s . Profitez de cet instant pour bien examiner votre interlocuteur. S'il se gratte le menton, grattez-vous le menton. S'il mange les frites avec ses doigts, faites de même, s'il s'essuie souvent la bouche avec sa serviette, faites de même. Posez-vous des questions évidentes comme: est-ce qu'il me regarde dans les yeux quand il parle ? Est-ce qu'il mange quand il parle ? Notez s'il prend du pain. Un instant important est celui où la personne sauce avec son pain. Si c'est le cas, empressez-vous de faire de même. En reproduisant ses tics au moment le plus intime, celui de la prise de nourriture, vous transmettez automatiquement le message inconscient: "Je suis de la même tribu que vous, nous avons les mêmes manières et donc probablement la même éducation et les mêmes préoccupations." Imagination Humaine Longtemps on a pense que l'informatique en général et les programmes d'intelligence artificielle en particulier allaient mélanger et présenter sous des angles neufs les concepts humains. Bref, on attendait de l'électronique une nouvelle philosophie. Mais même en la présentant différemment, la matière première reste toujours identique: des idées produites par des imaginations humaines. C'est une impasse. La meilleure voie pour renouveler la pensée est de sortir de l'imagination humaine Mont Saint Michel L île du Mont,Saint Michel est un lieu hautement symbolique. Et pas seulement parce qu'il est en équilibre entre la terre, l'eau et le ciel. C'est là que se sont déroulés les pèlerinages chrétiens, mais aussi les cérémonies d'alchimistes et de templiers et plus avant, même, des cérémonies druidiques. Toutes les populations avoisinantes ont vénéré ce lieu. Jadis, on nommait l'île du Mont-Saint-Michel, I'île des morts: Tumba (mot provenant du gaulois Tum et signifiant lieu élevé, mais aussi lieu de mort). On disait que les trépassés se donnaient rendez-vous le 2 novembre, jour de la fête celtique de Samain. On considérait que cette journée en cet endroit était la seule qui échappait à I'écoulement du temps. Pour en finir avec toutes les superstitions liées à l'île, les ducs de Normandie y firent construire par des compagnons une église de style roman en 1023. Mais même cette église est surprenante. Bâtie sur quatre pentes, elle comprend d'ouest en est: un narthex (porche), une nef de sept travées flanquées de bas-côtés, un transept voûté, et un chur d'abside entouré d'un déambulatoire. La longueur totale de l'édifice, 80 m, est égale à la hauteur de la pointe du rocher. Ce qui fait que l'église est comprise dans un carré parfait allant du niveau le plus bas du rocher au sol de l'église et couvrant toute la surface de celle-ci. Le choix de ce carré n'est pas un hasard. Il désigne les quatre éléments, les quatre horizons et les quatre vents qui fouettent le Mont. Il semble que les bâtisseurs de l'église aient voulu s'inspirer du Temple par excellence, celui de Salomon à Jérusalem. L'emplacement du porche est similaire à celui du porche hébreu (Ulam). Le lieu de prière (Hekal) et le Saint des Saints (Débir) sont disposés aux mêmes endroits. Quant aux sept marches qui mènent au transept, elles correspondent aux sept mêmes marches du Temple et aux sept branches du chandelier sacré. Autre allusion à la Bible, le monastère du Mont-Saint-Michel a les proportions exactes de l'Arche de Noé telles qu'elles sont précisées dans l'Ancien Testament: 300 coudées sur 50 (soit un rapport longueur/largeur de 1/6). Il comprend trois niveaux superposés comme l'Arche de Noé (dans l'arche, le premier étage était occupé par les animaux, le deuxième par des réserves de nourriture et le troisième par la famille de Noé). Dans le monastère, premier étage: I'aumônerie, c'est l'endroit où sont accueillis les étrangers, pèlerins et fidèles. Deuxième étage: le réfectoire où les moines mangent. Le troisième est réservé au dortoir. Les bâtisseurs ont compris dès l'origine qu'il ne s'agissait pas ici d'une île mais de la représentation d'un vaisseau voguant à sa manière vers une autre dimension. Pyramide . Les fourmis construisent leur cité de forme pyramidale. Pour avoir une meilleure résistance aux intempéries. Aztèques et les Mayas l'ont toujours su. Si on place un objet au centre et aux deux tiers de sa hauteur, il subit des modifications peu courantes. Les fleurs sèchent sans perdre leur couleur. La viande s'y racornit sans pourrir. Une lame de rasoir ou un couteau s'y affûte. Pour qu'une pyramide ait cette propriété, elle doit respecter le même rapport de taille. Si la hauteur fait 10,00 unités de mesure, la base doit avoir 15,70 unités de mesure, I'arête doit avoir 14,94 unités de mesure. Donc pour une pyramide de 10 cm de haut, il faut une arête 14,94 cm. Pour une pyramide de 100 m de haut, il faut une arête de 149,40 mètres. La pyramide doit être orientée de manière à ce que chaque côté soit placé face à un point cardinal Pour trouver une idée Technique pour trouver des idées ou une solution à un problème compliqué (utilisée par Salvador Dali, lui-même s'était inspiré d'un gadget de réflexion des moines d'un monastère cistercien).S'asseoir sur une chaise munie de deux gros accoudoirs . Prendre une assiette à soupe et une petite cuillère. Une cuillère à soupe si on a le sommeil profond. Retourner I'assiette à soupe vers sur le sol. Tenir mollement la cuillère par le bout du manche entre le pouce et le majeur au-dessus de l'assiette. Commencer à s'endormir en pensant au problème à résoudre. Lorsque la cuillère tombe sur l'assiette et vous réveille brutalement, le problème est résolu. Phalanstère Charles Fourier était un fils de drapier né à Besançon en 1772. Dès la Révolution, il fait preuve d'étonnantes ambitions pour Inhumanité. Il veut changer la société. Il explique en 1793 ses projets aux membres du Directoire qui se moquent de lui. Dès lors, il décide de se ranger et devient comptable. lorsqu'il a du temps libre, Charles Fourier poursuit néanmoins sa marotte d'une société idéale qu'il décrira dans les moindres détails dans plusieurs livres: "Le Nouveau Monde amoureux",etc... Selon lui, les hommes doivent vivre en petites communautés de 1600 à 1800 membres. La communauté (phalange) remplace la famille, il n'y a plus de rapports parentaux, de rapports d'autorité. Chacun verse un impôt qui sert à subvenir aux besoins de la communauté. Le gouvernement est restreint à son strict minimum. Les décisions importantes se prennent en commun, chaque jour, sur la place centrale du village. La phalange vit dans une sorte de maison cité unique, que l'utopiste baptise phalanstère. Fourier décrit précisément son phalanstère idéal: une sorte de château de 3 à 5 étages. A la hauteur du premier niveau, des rues rafraîchies en été par des jets d'eau, chauffées en hiver. Au centre, un théâtre, une salle de repas, une bibliothèque, un observatoire, un temple, un télégraphe. Des disciples de Fourier construiront des phalanstères jusqu'en Argentine, au Brésil, au Mexique et aux États-Unis. En France, en 1859, André Godin, I'inventeur des poêles de chauffage, crée une communauté inspirée des phalanstères de Fourier. 1200 personnes vivent ensemble, fabriquent des poêles et se partagent les profits. Mais le système ne se maintiendra que grâce à l'autorité paternaliste de la famille Godin. Pensée . La pensée humaine peut tout. Dans les années 50, un bateau container anglais transportant des bouteilles de Madère en provenance du Portugal débarque en Écosse pour livrer sa marchandise. Un marin s'introduit dans le container de réfrigération pour vérifier s'il ne reste plus rien à livrer. Nul ne sait qu'il est entré et on referme la porte du container alors que l'homme est encore à l'intérieur. Il tambourine sur les cloisons, mais personne ne l'entend et le bateau repart pour le Portugal. Le marin trouve de la nourriture dans ce lieu mais il sait qu'il ne pourra pas survivre longtemps dans cette chambre froide. Il a pourtant la force de saisir un morceau de métal et il grave heure après heure, jour après jour, le récit de son terrible martyre. Il énonce avec une précision scientifique son agonie. Comment le froid l'engourdit, comment ses orteils et ses doigts gèlent. Comment son nez se transforme en pierre insensible. La morsure de l'air réfrigéré qui devient une véritable brûlure, son corps qui peu à peu devient un gros glaçon. Lorsque le bateau jette l'ancre à Lisbonne, on ouvre le container et on découvre l'homme mort de froid. On lit son histoire gravée sur les murs. Toutes les étapes de son calvaire y sont décrites avec force détails. Mais le plus extraordinaire n'est pas là. Le capitaine examine le thermomètre du container frigorifique. Il indique 20°. En fait, le système de réfrigération n'avait pas été activé durant tout le trajet du retour. L'homme est mort de froid parce qu'il croyait que le système de réfrigération fonctionnait et qu'il s'imaginait avoir froid. Ce n'était que son imagination qui l'avait tué. Perception des couleurs . Les couleurs font varier les perceptions de nos sens. C'est bien connu, une pièce rouge rend agressif. Une pièce vert clair calme. C'est d'ailleurs la couleur de référence des prisons. Le violet donne des maux de tête. Le noir rétrécit notre perception des volumes. L'orange les élargit. Le turquoise permet la relaxation. Un carton bleu marine nous semblera peser plus lourd qu'un carton jaune vif. On entend plus fortement un bruit dans une chambre blanche que dans une chambre mauve. Sélection d'un choix . L'une des manières d'induire un choix est de proposer trois éléments inacceptables plus l'élément qu'on veut faire accepter. Il suffit ensuite de se livrer à des concessions sur les éléments inacceptables et ce qu'on souhaitait voir approuver va alors de soi. On pourrait rapprocher cette technique de celle de la gastronomie. Le goût de l'aliment nous semble d'autant plus appréciable que nous aimons ou n'aimons pas ce qui l'entoure. Source de peur . Voici le hit parade des peurs humaines (d'après sondage sur 1000 personnes effectué en France en 1990) 1 - le serpent / 2 - le vertige / 3 - les araignées / 4 - les rats / 5 - les guêpes / 6 - les parkings souterrains / 7 - le feu / 8 - le sang / 9 - I'obscurité / 10 - la foule Symboles . A longueur de jour et de nuit, dans son langage, ses gestes ou ses rêves, qu'il s'en aperçoive ou non, chacun de nous utilise les symboles. Ils donnent un visage aux désirs ils incitent à telle entreprise, ils modèlent un comportement, ils amorcent succès ou échecs. Leur formation, leur agencement, leur interprétation intéressent de nombreuses disciplines: I'histoire des civilisations et des religions, la linguistique, I'anthropologie culturelle, la critique d'art, la psychologie, la médecine. On pourrait ajouter à cette liste, sans la clore pour autant, les techniques de la vente, de la propagande et de la politique. Des travaux récents, et de plus en plus nombreux, éclairent les structures de l'imaginaire et la fonction symbolisante de l'imagination. On ne peut plus méconnaître aujourd'hui des réalités aussi agissantes. Toutes les sciences de l'homme, comme les arts et toutes les techniques qui en procèdent, rencontrent des symboles sur leur chemin. Elles doivent conjuguer leurs efforts pour déchiffrer les énigmes qu'ils posent; elles s'associent pour mobiliser l'énergie qu'ils détiennent condensée. C'est trop peu de dire que nous vivons dans un monde de symboles, un monde de symboles vit en nous. Singapour Ville Ordinateur. Singapour est un pays neuf, avec une population restreinte: trois millions d'habitants pour la plupart chinois. Profitant de cette situation exceptionnelle, Lee Kwan Yew, ingénieur et Premier ministre, a tenté de fonder le premier état ordinateur. Comme il le dit lui-même : "Les citoyens singapouriens sont les puces électroniques d'un ordinateur géant: la République de Singapour." Lee Kwan Yew est un pragmatique. Il a commencé par assurer la sécurité de son petit Disneyland contre ses grands voisins envieux et agressifs: Malaisie(16 millions d'habitants) et Indonésie ( 170 millions d'habitants) par une armée High-tech équipée des machines les plus sophistiquées. Voilà pour l'extérieur. Pour l'intérieur, il veut que l'ordre règne parmi ses petites puces électroniques. Il range d'un côté la ville touristique, de l'autre la ville économique, et crée ensuite la ville dortoir. Les trois sont rigoureusement séparées par une frontière constituée de cinq kilomètres de pelouse nickel. Il édicte des lois strictes: interdiction de cracher par terre (1500 F d'amende), de fumer en public (1500 F d'amende), de jeter un papier gras (1500 F d'amende), d'arroser ses pots de fleurs en laissant de l'eau stagner (cela attire les moustiques: 1500 F d'amende), de se garer dans le centre ville. L'État embaume le savon. Si un chien aboie la nuit, on lui coupe les cordes vocales. Les hommes doivent toujours porter des pantalons même s'il fait chaud. Les femmes doivent toujours porter des bas même en pleine canicule. Toutes les voitures sont équipées d'une sirène interne qui vous assourdit dès que vous dépassez 80km/h. A partir de six heures, il est interdit de rouler seul dans son automobile, il faut transporter ses collègues de travail ou des auto-stoppeurs afin d'éviter les encombrements et la pollution (sinon 1500 F d'amende). Pour mieux connaître les trajets de ses concitoyens, la police a de toute façon obligé tous les Singapouriens à placer un émetteur sous leur voiture. Il est ainsi possible de suivre les déplacements de tous les habitants sur un grand tableau lumineux. Dès qu'on pénètre dans un immeuble, il faut donner son nom au gardien qui se tient en permanence devant la porte. La ville entière est truffée de caméras vidéo. Singapour est une démocratie, mais pour que les gens ne votent pas n'importe quoi, on note leur numéro de carte d'électeur sur leur bulletin de vote. Le vol, le viol, la drogue, la corruption sont passibles de la peine de mort par pendaison. La condamnation au fouet existe toujours. Lee Kwan Yew se considère comme un père pour tous ses administrés. Il emprunte des idées à la fois au communisme et au capitalisme pour ne penser qu'à l'efficacité. L'État encourage l'enrichissement personnel (les Singapouriens jouissent du deuxième niveau de vie d'Asie, juste après le Japon, et boursicotent à tout va) mais les logements sont offerts aux étudiants. Tous les cultes sont autorisés, mais la presse est filtrée: pas de journaux parlant de sexe ou de politique. En 1982, Lee Kwan Yew s'aperçoit que, vieux réflexe machiste pas spécifiquement chinois, les hommes intelligents se marient avec des femmes jolies mais bêtes alors que les femmes intelligentes ont du mal à trouver des maris. Il décide dès lors de donner une prime à quiconque épousera une femme diplômée et une amende aux non diplômées qui dépasseront l'enfant unique. Quant aux analphabètes, ils sont vivement encouragés à se faire stériliser en échange d'une forte somme d'argent. Lee Kwan Yew fait construire des écoles pour surdoués et organise des croisière gratuites pour les gens de niveau d'études très élevé. Il constate qu'on ne peut bien éduquer que deux enfants à la fois. Le soir, la police téléphone aux familles ayant déjà deux enfants pour leur rappeler de ne pas oublier de prendre la pilule ou d'utiliser des préservatifs. Lee Kwan Yew est parvenu à transformer son état expérimental en "Suisse de l'Asie". Pourtant sa police a une limite. Le jeu. "On peut tout faire accepter à un Chinois, sauf de s'arrêter de jouer mah-jong", admit-il dans une de ses allocutions... Temps des comploteurs . Le système d'organisation le plus répandu parmi les humains est le suivant: Une hiérarchie complexe "d'administratifs", hommes et femmes de pouvoir, "encadre" ou plutôt gère un groupe plus restreint de "créatifs". Les travaux des créatifs sont ensuite distribués par les "commerciaux". Administratifs, créatifs, commerciaux. Telles sont les trois castes qui correspondent de nos jours aux ouvrières, sexués et soldates des fourmis. La lutte entre Staline et Trotsky, deux chefs russes du début du XXème siècle, illustre le passage d'un système avantageant les créatifs à un système privilégiant les administratifs. Trotsky, le mathématicien, l'inventeur de l'Armée rouge, a en effet été évincé par Staline, l'homme des complots. Dès ce moment, on peut dire que les administratifs comploteurs ont marqué une manche décisive sur les créatifs inventeurs. On progresse mieux et plus vite dans les strates de la société moderne si l'on sait séduire, réunir des tueurs, désinformer, que si l'on est capable de produire des concepts ou des objets nouveaux. Temple de Salomon . Le temple de Salomon à Jérusalem était un modèle de formes géométriques parfaites. Il était composé de quatre plates-formes ceintes chacune d'un mur de pierre. Celles-ci représentant les quatre mondes qui composent l'existence: - Le monde matériel: le corps physique - Le monde émotionnel: l'âme - Le monde spirituel: l'intelligence - Le monde mystique: la part de divinité qu'il y a en nous. Au sein du monde divin, on trouvait trois portiques censés représenter: - La Création - La Formation - L'Action. La forme générale était un grand rectangle de 100 coudées de longueur sur 50 coudées de largeur et 30 coudées de hauteur. Le temple, situé au centre, mesurait 30 coudées de longueur sur 10 coudées de largeur. Au fond du temple, on trouvait le cube parfait du Saint des Saints dont chaque côté mesurait 20 coudées. Dans le Saint des Saints était disposé l'Autel en bois d'acacia. Il était parfaitement cubique et mesurait 5 coudées de hauteur et autant de largeur. Déposés sur sa surface, les 12 pains représentant les mois de l'année. Au-dessus de lui: le chandelier à sept branches représentant les sept planètes. Selon les textes anciens, et notamment ceux de Philon d'Alexandrie, "le sanctuaire est une figure géométrique calculée pour former un champ de forces. Au départ, le nombre d'or est la mesure de la dynamique sacrée. Le tabernacle est censé condenser l'énergie cosmique. Le temple est conçu comme un lieu de passage entre deux mondes: du visible à l'invisible." Utopie . Le mot Utopie a été inventé en 1516 par l'Anglais Thomas More. Du grec U, préfixe négatif et topos, endroit. Utopie signifie donc en grec "Qui ne se trouve en aucun endroit". Ce diplomate humaniste, chancelier du royaume d'Angleterre, décrivit une île merveilleuse qu'il nomma Utopia et où régnait une société sans impôt, sans misère, sans vol. Il pensait que la première qualité d'une société UTOPIQUE était d'être une société de LIBERTE. Il décrit ainsi sa société idéale: 100 000 habitants vivant sur une île. Les citoyens sont regroupés par familles. 50 familles forment un groupe qui élit son chef, le syphogrante. Les syphograntes forment eux-mêmes un Conseil qui élit un prince sur une liste de quatre candidats. Le prince est élu à vie, mais on peut le démettre s'il devient tyran. Pour les guerres, l'île d'Utopia utilise des mercenaires: les Zapolètes. Ces soldats sont censés se faire massacrer avec leurs ennemis durant la bataille. Comme ça, l'outil se détruit dès usage. Il n'y a pas de monnaie, chacun se sert au marché en fonction de ses besoins. Toutes les maisons sont pareilles. Il n'y a pas de serrure et tout le monde est obligé de déménager tout les dix ans pour ne pas s'encroûter. L'oisiveté est interdite. Pas de femmes au foyer, pas de prêtres, pas de nobles, pas de valets, pas de mendiants. Ce qui permet de réduire la journée de travail à 6 heures. Tout le monde doit accomplir un service agricole de deux ans. En cas d'adultère ou de tentative d'évasion d'Utopia, le citoyen perd sa qualité d'homme libre et devient esclave. Il doit alors travailler beaucoup plus et obéir. En 1535, Thomas More est si sûr de lui qu'il se permet de critiquer dans un monde trop réel le divorce du roi d'Angleterre Henry VIII. Le monarque le fit aussitôt emprisonner et décapiter. *** |
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